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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:01

Le Semeur et l’appel de Jérémie

Jérémie 1, 1. 4-10 ; Matthieu 13, 1-9

Chacun connait la parabole du semeur. La liturgie sépare la parabole de son explication, lorsque nous lisons ce texte dans la semaine. Cela peut paraître un peu étrange ou regrettable, mais cela présente néanmoins un avantage, celui de nous inviter à prêter davantage attention au début, que nous avons naturellement tendance à englober dans le commentaire que Jésus fait aux apôtres.

Le premier point à noter, c’est la foule qui se presse une fois de plus autour de Jésus, au point que pour pouvoir s’adresser à elle, il doit prendre du recul. Jésus est populaire, ce n’est pas un péché… Il y a sans doute une forme de curiosité, des attentes multiples. Jésus ne se dérobe pas, il ne regarde pas cela avec un préjugé, il va simplement décrire cette foule et ses multiples composantes, ses diverses attitudes. Avant de parler de Dieu et de son Royaume, il parle des hommes et les invite à considérer qui ils sont eux-mêmes, leurs motivations, leurs attachements.

La parabole s’achève sur une bonne nouvelle : la terre ensemencée peut porter du fruit. En plus ou moins grande quantité, mais elle en a la capacité. Cela mérite d’être entendu. Il n’y a pas de raison de se désespérer, ni de douter du don de Dieu. L’homme est par nature apte à porter du fruit. Cela devrait nous rassurer et nous inviter à porter un regard bienveillant sur nous-mêmes comme sur les autres.

Enfin, l’injonction de Jésus – « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » – renvoie au commandement que Dieu adresse à son peuple : « Ecoute, Israël ! » Tout commence par là, et c’est même pour cela que Jésus s’est installé sur une barque, un peu en retrait du rivage : pour être entendu. A nous donc d’entendre pour devenir disciple, et devenu disciple de faire en sorte de pouvoir être entendu de tous, en portant sur tous ce regard qui discerne, a priori, la capacité de porter du fruit.

Défrichage

Le livre de Jérémie commence par une parole adressée et entendue. Par la révélation que Dieu fait à Jérémie de son appel, dans des termes étonnants, puisque cet appel précède l’existence même de Jérémie, qu’il en est presque la cause…

Jérémie entend. Il entend et s’étonne. Dieu ne lui en fait pas reproche. Il n’est pas interdit de s’étonner. Il y a même une forme de confiance dans l’étonnement avoué de Jérémie, dans son doute : il s’explique avec Dieu en toute simplicité, sans craindre sa réponse. Il entend ce dont il a le plus besoin pour avancer : la promesse du soutien de Celui qui l’envoie : « Je suis avec toi pour te délivrer ! »

La mission est impressionnante. Sa finalité : « bâtir et planter » Ce qui précède – « arracher et abattre, démolir et détruire – n’a pas de sens qu’au regard de cet objectif qui n’est autre que de permettre à la vie de se déployer ; c’est une forme de défrichage, qui permettra à la terre de donner le fruit dont elle est capable…

J’emprunterai pour aujourd’hui ma conclusion à Barack Obama : « Yes, We Can ! » Dieu s’y emploie, Dieu nous appelle pour qu’il en soit ainsi !

D.E.

PS. Désolé pour mon silence d'hier, un déplacement imprévu et très matinal m'a empêché d'être fidèle au rendez-vous.

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 09:03

De mauvaises questions pour ne pas bouger

Michée 6, 1-4.6-8 ; Matthieu 12, 38-42

Procès dans le livre de Michée, jugement dans l’évangile de Matthieu. L’heure est grave. Il s’agit de rendre des comptes de sa conduite. Dans les deux cas la « mise en scène » est spectaculaire. Avec Michée les montagnes et les collines sont convoquées, c’est toute la terre qui est prise à témoin. Dieu aurait-il manqué à sa promesse en libérant son peuple du joug égyptien ? Dieu serait-il responsable de l’infidélité d’Israël ? Jésus invoque quant à lui les figures symboliques de la reine de Saba et du prophète Jonas qui traduisent non seulement la même universalité mais l’accueil de la sagesse de Dieu et de l’appel à la conversion par les païens.

Ce à quoi il est utile de prêter attention, ce sont les stratégies d’évitement de ceux qui sont appelés à rendre des comptes, cette apparente disponibilité qui n’en est pas une. Dans le livre de Michée, celui qui est en procès demande : « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur ? » Il laisse entendre qu’il ne reculera devant aucun sacrifice, pas même, comme Abraham, celui de son fils aîné, pour expier sa faute. Au passage, il tord l’Écriture : l’offrande d’Isaac n’était liée à aucune faute. Pourquoi ferions-nous porter le poids de nos péchés par nos enfants ? Il y aurait là une belle injustice.

La réponse de Dieu va à l’essentiel et tape dans le mille. Ce qu’il faut faire : tout d’abord, « rien d’autre que de pratiquer la justice », voilà qui taille en pièce la fausse générosité sacrificielle, jusqu’à sa perversité finale. Ensuite, « aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu. » Rien de compliqué. Vivre en connaissant son imperfection et celle des autres, sans se laisser étouffer par elle, faire sincèrement de son mieux pour les autres et pour soi, et avancer comme Abraham, souvent à tâtons, toujours confiant…

A chacun de « voir »

Dans l’évangile de Matthieu, les pharisiens demandent un signe à Jésus. Ce qui peut sembler paradoxal, puisqu’il a déjà accompli de nombreuses guérisons. Mais cette demande est en fait une manière d’inverser la charge de la preuve dans le procès que les Pharisiens ont commencé à faire à Jésus. Car ce qui précède cette demande, c’est l’accusation lancée par des pharisiens à l’encontre de Jésus : « C’est par Beelzéboul qu’il expulse les démons ! » Accusation à laquelle Jésus a répondu en invitant ses interlocuteurs à s’interroger sur ce qu’ils avaient dans le cœur, en l’accusant ainsi. C’est à eux d’apporter la preuve de ce qu’ils disent. Pris en défaut, ils jouent la fausse soumission : « Maître, nous voudrions voir un signe de toi… » Et Jésus de leur répondre en substance : eh bien, il y a à voir, bien davantage que vous ne le pensez ; que voulez-vous de plus ? C’est à chacun de se déterminer face au don de Dieu. Là est le véritable jugement.

Interrogeons donc nos propres évitements, nos besoins de signes, nos attentes d’encouragements, nos résistances à nous mettre en route. Il a des jours, sans doute les plus nombreux, où il suffit simplement de marcher humblement avec Dieu, sans attendre de grande révélation, parce que sans doute la découverte qui nous attend, c’est d’éprouver, par le fait de marcher, la présence presque imperceptible de celui qui nous a appelé. Alors nous dirons comme Jacob : Dieu était là, et je ne le savais pas. L’important, en définitive, n’est pas de savoir, mais de marcher, de vivre.

D.E.

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 11:38

Derrière la prophétie, le rire

Michée 2, 1-5 ; Matthieu 12, 14-21

Ce petit passage du livre de Michée peut être lu de deux manières, pathétique ou comique. Nous inclinons le plus souvent du côté pathétique, impressionnés que nous sommes par la perversité des méchants, et par la « justice immanente » qui les attend. Mais on peut aussi apprécier l’ironie du propos prophétique, qui s’attache à montrer le ridicule de la situation des dits méchants.

C’est, dit Michée, « du fond de leur lit » qu’ils méditent le mal. Il est facile de les imaginer sur leur couche, le corps appesanti, obnubilés par leurs combines… Au point du jour, ils fondent sur leur proie… pour peu qu’ils en aient les moyens. Ajouter cette précision c’est laisser entendre que le mal a parfois le bras trop court, sinon l’esprit embrumé… Le prophète file la caricature, pour nous faire sentir que tout cela n’est pas très glorieux, que c’en serait même risible, n’était la souffrance infligée aux victimes. Est-ce là, en définitive, une situation dont quelqu’un peut raisonnablement rêver ? La « méchanceté » repose souvent sur des fantasmes, Michée en dégonfle les baudruches.

La « punition » du Seigneur n’est pas moins sarcastique. Les voilà, ces méchants, dans la boue du malheur et ils y pataugent jusqu’au coup. Quand on y réfléchit, c’est du burlesque à la Charlot. La fierté qu’il n’était pas possible de leur reconnaître lorsqu’ils méditaient leur mal dans leur lit est désormais, pour eux, hors d’atteinte à tout jamais. On compose sur eux des fables – autant dire qu’ils sont devenus la risée du village. Dieu rit à gorge déployée ! Quand les vilains finissent par crier : « Nous sommes entièrement dépouillés », ils ressemblent beaucoup à l’Arpagon de Molière hurlant à tout va : « Ma cassette ! »

Moralité : le mal est une farce joué par des imbéciles qui se vautrent ! En rire, c’est un bon moyen d’en sortir.

Comiques involontaires

Lorsque des pharisiens, sans doute frappé d’imbécilité eux aussi, se réunissent en secret pour chercher comment faire périr Jésus, selon ce que raconte Matthieu au chapitre 12 de son évangile, ils sont si malins que le complot s’évente aussitôt. Jésus s’éloigne, sans se cacher, et beaucoup de gens le suivent. Là encore, le déséquilibre de la situation prend un tour ironique. D’ailleurs Jésus, dit Matthieu, « les guérit tous » : face au minable complot, l’exercice d’une puissance tranquille, celle du serviteur bien aimé de Dieu, qui avance sans tapage et respecte la vie, dans sa fragilité.

Nous voilà devant un choix : de quel côté irons-nous ? Vers les comiques involontaires, ou vers la discrétion féconde des humbles serviteurs ? Il n’est pas interdit de rire un bon coup aux dépens des premiers, pour nous éviter de nous laisser prendre aux mêmes absurdités de la convoitise, puisque souvent tout commence par là. L’humour est un puissant outil de miséricorde autant que d’hygiène spirituelle. Rions avec Dieu, c’est le début de la sainteté.

D.E.

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:36

Ne soyons pas plus rigide que le Créateur

Isaïe 38, 1-8 ; Matthieu, 12, 1-8

Le roi de Judas, nous dit le texte d’Isaïe, souffrait d’une maladie mortelle. Isaïe vient, de la part du Seigneur, l’informer qu’il n’y aura pas de sursis et qu’il importe donc que le roi prenne, comme on dit, les dispositions nécessaires pour une succession sans encombre. Dieu songe à l’avenir, et veut le préserver. C’est dans sa nature. La vie va continuer, il revient à Ézékias d’en assurer la transmission. Tel est le sens de la démarche d’Isaïe. Et puisque nous sommes tous mortels, nous pouvons entendre que ce souci nous incombe, à nous aussi.

Ézékias réalise, en entendant la parole d’Isaïe, qu’il touche aux limites de son existence. Il en est bouleversé. Dieu va entendre sa prière et prolonger ses jours. Pourtant, ce que Dieu a entendu, nous ne l’avons pas lu. Le roi s’est contenté de demander à Dieu de se souvenir de sa bonne conduite et de sa fidélité. Sans doute espère-t-il ainsi se retrouver, après sa mort, « dans le sein d’Abraham », comme Lazare dans la parabole évangélique dite « du pauvre et du mauvais riche ». A cette prière, Ézékias a ajouté ses larmes. Tristesse ou repentir ? nous ne savons pas. Désarroi, certainement

Isaïe est chargé d’annoncer qu’Ézékias vivra quinze ans de plus et que le joug assyriens sera levé. Ce récit nous enseigne donc que Dieu donne ce que nous désirons sans oser le demander : le Seigneur  ne résiste pas à celui qui ne lui cache pas sa détresse. Telle est la plénitude du don de Dieu qui revient sur « ses plans[1] », en raison de son amour pour l’homme. Et puisqu’il faut signifier cela, coup de génie littéraire de l’auteur, l’ombre du jour va reculer, sur le cadran solaire du palais royal… Même la « loi naturelle » ne résiste pas à la volonté du Créateur !

La leçon de cette histoire, c’est que les arrêts de Dieu – ou du moins ce que nous nous représentons comme tel – sont relatifs, qu’ils sont ordonnés à la vie, et non l’inverse. C’est pour l’avoir oublié que les pharisiens s’exposent aux remontrances de Jésus, lorsqu’ils pensent le prendre en défaut à partir du comportement de ses disciples, qui avaient arraché des épis le jour du sabbat.

Bernique

On s’attend à lire dans ce passage de Matthieu cette parole forte que nous avons en tête : « Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat », mais Jésus dit autre chose : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » Il se présente dans la position de celui qui peut faire reculer l’ombre sur le cadran solaire. On s’étonne même que cette déclaration ne soit pas suivie d’un tonnerre de protestations. Peut-être l’évangéliste les a-t-il tout simplement passées sous silence.

« Il y a ici bien plus grand que le Temple » venait d’affirmer Jésus. Il nous est impossible de nous méprendre : celui qui parle nous provoque. Il ne s’agit pas simplement de nous inviter à une interprétation plus libre, plus intelligente, moins bornée de la loi, mais de nous hisser à sa hauteur – celle de Dieu – pour nous placer dans l’ordre profond du désir même de Dieu : « C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices… » Il n’est pas seulement question de faire de la bonne philosophie pratique, mais d’entrer dans les vues même de Dieu, avec celui qui a ordonné toute sa vie à cette musique là.

Demandons-lui non seulement d’être raisonnables, mais divins. En toute modestie. Soyons saints, non parce que nous le serions par nous-mêmes, mais parce qu’Il est saint… Nuance qui nous permet d’ouvrir les portes et fenêtres de nos demeures et de nos temples au souffle de l’Esprit, et de faire un pied de nez aux limites que nous sommes toujours tentés de mettre à nos existences et surtout à celles des autres. Dieu est un grand « relativisateur » ! N’en déplaise à ceux qui vivent accrochés à la loi, comme une bernique à son rocher

D.E.



[1] L’expression est abusive – le Dieu des « plans » n’existe pas – mais je l’emploie pour faire vite.

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 09:03

La résurrection commence aujourd’hui

Isaïe 26, 7-9. 12. 16-19 ; Matthieu 11, 28-30

« Nous rappeler ton nom, voilà tout notre désir. » Peut-on dire plus intensément qu’Isaïe ce qui nous lie à Dieu ? Mais reconnaissons-nous, en nous-mêmes, la présence de ce désir ? Il semblerait plutôt que nous sommes habités par bien d’autres mouvements intérieurs que celui-là. Notez qu’Isaïe ne dit pas « Nous rappeler Dieu… », mais « Nous rappeler ton nom… » Il y a déjà ce tutoiement, cette familiarité qui indique une proximité que le mot Dieu ignore ou gomme. Et surtout, Isaïe évoque le nom. Mais ce nom est imprononçable, parce qu’aucune prononciation ne saurait en traduire la plénitude, l’accomplissement. Ce nom est imprononçable, parce qu’il est par essence dépassement. Liberté fondamentale, liberté créatrice.

Voilà notre désir : tendre vers cette liberté-là, y accéder. Oui, nous pouvons dire, en vérité, que c’est bien ce qui nous habite au plus profond. Toute la prière d’Isaïe est là. Car ce nom, lorsqu’il demeure en nous, nous ouvre à la liberté, au mouvement. Il vient faire craquer les déterminations dans lesquelles nous sommes enfermés, il vient déborder les limites qui nous entravent.

De fait, comme le souligne le prophète, « nous n’apportons pas le salut[1] à la terre », c'est-à-dire nous ne sommes pas Dieu. Mais Dieu, lui, «  accomplit pour nous ce que nous entreprenons ». Il s’invite dans nos entreprises et les vivifie, pour peu que nous y consentions. C’est ainsi que si « le chemin du juste va tout droit », c’est parce que « toi qui es droit Seigneur, tu aplanis le chemin du juste. »

Nous rappeler ce nom qui déborde, qui libère, qui accomplit, autrement dit faire droit en nous au désir de liberté, de développement, d’accomplissement, c’est sortir de la mort, de sa fatalité et de ses logiques. D’où ce cri du prophète : « Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront. Réveillez-vous, criez de joie, vous qui demeurez dans la poussière… »

Nous trouvons là (dans un texte référé au xviiie siècle avant le Christ !) une expression de la foi en la résurrection. Or cette résurrection que proclame Isaïe n’est en fait que l’apothéose ou l’apocalypse du désir qui nous habite. Ce désir de voir notre être conduit à une plénitude qui nous permet de ne plus être enfermé dans les limites que nous nous connaissons ou, plus dramatique encore, que nous nous assignons personnellement ou mutuellement.

Tentation

Jésus nous parle quant à lui de repos, de douceur et de légèreté. Rappelons-nous son nom : « Dieu sauve ». Voilà qui n’est pas sans rapport avec le propos d’Isaïe. S’il parle ainsi de repos, c’est pour nous dire que notre désir le plus profond est accessible. En effet, lorsque nous avons compris que nous ne sommes pas faits pour rester enserrés dans la fatalité des limites humaines, il est naturel de se mobiliser pour les franchir ou les briser. Il est alors tentant de vouloir se sauver soi-même, et d’oublier que ce désir, c’est Dieu lui-même qui vient l’accomplir et le satisfaire. Voilà le repos, la douceur et la légèreté. Voilà l’humilité de celui qui ne nous impose pas ses projets en guise de satisfaction de notre désir, sur le mode « moi, je sais ce qu’il te faut » (qui est souvent le nôtre à l’égard des autres), mais qui vient dans nos pas…

 « Qu’il se sauve lui-même ! » entendra Jésus, lorsqu’il sera crucifié. C’est bien l’ultime tentation qu’il repousse jusque dans le sentiment de l’abandon absolu. C’est à cette même tentation que nous sommes soumis, et que si souvent nous succombons… Au risque du désespoir, souvent, parce que très vite, nos limites se rappellent violemment à nous.

Il nous faut donc à la fois vivre dans le désir du dépassement – et ne pas y renoncer – et laisser Dieu nous conduire sur le chemin qui satisfait ce désir. « Ce que vous demandez, croyez que nous l’avez déjà », dit encore Jésus. Vivons en croyant que la résurrection s’opère dès aujourd’hui.

D.E.



[1][1] La bible Bayard traduit joliment « la délivrance », évoquant ainsi l’enfantement.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 08:39

Vertu de l’humilité

Isaïe 10, 5-7. 13-16 ; Matthieu 11, 25-27

De la méprise au mépris. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier le parcours de l’Assyrie, tel que l’oracle du Seigneur proféré par Isaïe, le décrit. Que nous dit le prophète ? Dieu a décidé de se servir de la puissance assyrienne pour corriger son peuple : tel est « le bâton de [sa] colère ». Mais le souverain assyrien se méprend : il ne voit pas qu’il n’est qu’un instrument, il ignore qui il sert, tant il est convaincu de son empire : « J’ai agi par ma propre force, par ma sagesse, car j’ai l’intelligence… Comme on ramasse des œufs abandonnés, j’ai ramassé toute la terre, et il n’y a pas eu un battement d’aile, pas un bec ouvert, pas un cri. »

Dès lors rien ne résiste à l’orgueil, et finalement au mépris de Dieu et des hommes. Dès lors il est tentant de renverser le rapport entre les acteurs : « Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit, comme si c’était le morceau de bois qui soulevait l’homme… » Naturellement, la réalité finit pas s’imposer, la baudruche éclate…

N’en concluons pas qu’il ne faut surtout rien faire et ne mettre en œuvre ni l’intelligence, ni la puissance propre à chacun. On cherchera en vain dans l’Écriture des paroles qui appellent à pareille résignation. Simplement, chacun est convié à ne pas perdre de vue le fait que tout vient de Dieu. Nous sommes des serviteurs de celui qui donne la vie.

« Tout m’a été confié par mon Père » dit Jésus. Cette parole dit à la fois la position « royale » du Christ : tout lui appartient, mais en même temps, elle dit qu’il n’est rien sans le Père. Le Messie est serviteur, lui aussi, quoi qu’il soit Fils… Si le Fils est serviteur, combien plus nous-mêmes.

S’humilier

Bien évidemment, c’est une chose difficile à admettre, si l’on n’en fait pas l’expérience. C’est en ce sens que ce « secret » est révélé aux tout-petits, aux humbles – rappelons-nous la première des béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit, le Royaume des cieux est à eux » – et qu’il reste inaccessible aux sages et aux savants, sinon lorsque le Fils veut bien leur révéler sa connaissance du Père.

 

 

Il faut s’humilier, disaient les maîtres anciens – les pères du Désert, mais aussi les grandes figures spirituelles du xvie et xviie siècle. Ce langage nous est assez étranger aujourd’hui, parce qu’il a été utilisé de manière infantilisante, laissant croire que l’humilité était une forme de mépris de soi. Ce serait appliquer contre soi-même ce travers décrit par Isaïe, à propos de l’Assyrie. L’humilité véritable est toute autre : elle tient dans le double sens de la parole de Jésus : « Tout nous est confié par le Père » Notre puissance est infinie, dès lors que nous n’oublions jamais qui en est la source, le Père, et quelle en est la destination, la vie.

D.E.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 08:29

Pour un vrai réalisme spirituel

Isaïe 7, 1-9 ;  Matthieu, 11, 20-24

Dans le genre message franc et massif, Isaïe se pose là. La chute du passage que nous lisons ce matin est à cet égard exemplaire. C’est Dieu qui « parle » : « Si vous ne tenez pas à moi, vous ne pouvez tenir ! » C’est un peu sur le même mode que l’on disait naguère « Hors de l’Église point de salut ! » Ce qui veut au fond dire la même chose, néanmoins la parole d’Isaïe prête moins à confusion.

Le prophète, en effet, ne nous projette par hors ou au bout de notre histoire personnelle et collective. Dieu n’est pas une solution – rappelons que ce mot, techniquement, désigne le fait de dissoudre un solide dans un liquide, et d’en faire ainsi en apparence, disparaître la substance – qui ferait disparaître l’épaisseur de la réalité présente, pour nous installer dans un au-delà de cette réalité. Dieu, par la bouche d’Isaïe, n’annonce pas à Akhaz et aux habitants de Judas que l’adversité du royaume du Nord (Ephraïm) et de la Syrie va disparaître comme par enchantement. Il va bien falloir faire face. Dieu dit simplement qu’avec lui il est possible de faire face, de prendre le problème à bras le corps… « Garde ton calme, ne crains pas, ne va pas perdre cœur devant ces deux bouts de tisons fumants… » Il y a bien une épreuve, il va falloir la traverser, et avant d’être de l’autre côté, il faut entrer dedans !

Dieu invite au courage, à la lucidité, à l’intelligence, à l’espérance. La foi à laquelle il convoque est tout l’inverse de la fatalité. Elle n’est pas un attentisme dissimulé sous les apparences de la spiritualité. Ouvrir les yeux sur la réalité, en s’efforçant de la prendre selon Dieu – c'est-à-dire selon quatre axes : amour, vérité, justice et paix – c’est aussi dégonfler les baudruches fantasmatiques, comme l’indique le texte d’Isaïe, parlant des adversaires de Juda : « Le chef de Damas, ce n’est que Raçone, le chef de Samarie, ce n’est que Pekah. » Inutile de s’affoler : c’est à des hommes qu’il faut faire face…

Colère

La colère de Jésus contre Corazine, Bethsaïde ou Capharnaüm s’enflamme précisément contre ce manque de réalisme. Dans ces trois villes, la puissance de Dieu a été manifestée. Et tout est resté comme avant. Sous le coup du même fatalisme. De la même irresponsabilité.

Ce n’est pas l’honneur d’avoir été visitée par le fils de l’Homme qui fait le salut. Pas plus que le fait de pouvoir se dire chrétien. De salut, il ne peut y avoir que si nous prenons en charge notre histoire, que si nous reconnaissons ensemble nos responsabilités face à la situation présente. C’est, pour chaque génération, la première des conditions pour pouvoir faire face aux problèmes de son temps. Ce que Jésus traduit en évoquant la nécessaire démarche de pénitence. Il ne s’agit pas de désigner des coupables pour en faire des victimes expiatoires, mais d’identifier les maux, pour y porter remède.

Tel est le véritable réalisme spirituel. Aux antipodes des soupirs compassés, des pseudos extases, des feux de pailles des enthousiasmes collectifs. Le réalisme spirituel consiste à relever ses manches et à chercher dans la relation à Dieu les forces pour ne pas déserter le chantier humain et y œuvrer du meilleur de nous-mêmes. Tout le reste n’est que pacotille.

D.E.

 

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 09:22

Quand Dieu fait une indigestion religieuse

Dieu pourrait-il souffrir d’indigestion ? La question ainsi posée paraît saugrenue. Pourtant, c’est bien celle qui vient à l’esprit en lisant les versets 11 à 17, du premier chapitre du livre d’Isaïe. Les rites, les sacrifices, l’encens, et même les prières, Dieu s’en dit gavé. Fed up, comme disent les Anglo-saxons. Il n’en peut plus. Cette accumulation des choses de la religion, par lesquelles les hommes tentent de s’accommoder avec lui, de s’attirer ses bonnes grâces, il en a plus qu’assez.

Que le premier livre des « derniers prophètes » selon l’appellation juive, qui est aussi le principal de cette petite bibliothèque prophétique, à l’intérieur du canon biblique, commence ainsi donne à réfléchir. Dieu, nous dit Isaïe, est pris de dégoût, de nausée, devant cette accumulation de « sacré » qui lui est adressée.

Y avons-nous songé la dernière fois que nous sommes venus à la messe, la dernière fois que nous avons formulé en nous, en toute sincérité, une prière, la dernière fois que nous avons décidé de faire « un sacrifice », la dernière fois que nous avons pensé élever notre âme vers le ciel, la dernière fois que nous avons obéi à la pulsion religieuse qui est en nous, la dernière fois que nous avons voulu être un bon croyant ?

Sous la plume d’Isaïe, Dieu nous dit qu’il « déteste » tout cela, qu’il s’en détourne, qu’il se voile les yeux pour ne pas le voir. Cette « cuisine »-là, en effet, est indigeste, alourdie par le poids d’une étouffante contradiction : nous nous tournons vers Dieu pour le célébrer ou pour lui demander grâce sans avoir commencé à prendre en main notre vie personnelle et collective pour en réparer ce qui peut l’être, pour remédier au mal que nous avons pu commettre. Le problème n’est peut-être pas tant la culpabilité que la résignation et le fait de se défausser de ses responsabilités humaines. Pourquoi demander à Dieu de pallier notre propre absence, pourquoi essayer de lui plaire en dédaignant de prendre soin du monde qu’il nous a donné ? Qu’y a-t-il à recevoir si nous ne sommes déjà pas présents à ce que nous avons reçu ?

Jésus, lorsqu’il envoie les Douze ne leur demande pas de multiplier les rites, les célébrations. Il ne leur donne pas une recette religieuse par l’usage de laquelle disparaîtraient les aspérités, les tensions et les contradictions du monde. Au contraire, il leur décrit le monde tel qu’ils vont le rencontrer, l’habiter et en souffrir. Plutôt que de leur proposer d’organiser de grandes cérémonies, il achève son envoi par le conseil le plus simple : offrir un verre d’eau fraiche au plus humble qui aurait soif ! Ça commence tout bonnement par là, être disciple de Jésus !

Tout à perdre

« Qui veut garder sa vie la perdra ! » Vouloir la garder « religieusement » ne fait pas exception à cet avertissement. La seule manière de la garder, nous dit Jésus, c’est… de la perdre, c’est de se détacher du souci de la sauver, de la maîtriser, pour ne voir qu’une seule chose : le Christ qui lui-même perd sa vie en la donnant. La seule manière, c’est de prendre le risque d’habiter, en l’aimant, un monde divisé, et peut-être même de ne pas voir la solution de cette division, mais son approfondissement, pour voir surgir la division, l’inimitié… A partir de là, une fois la réalité dévoilée, on verra mieux en effet à quoi il faut se coltiner et où il faut distribuer les verres d’eau fraiches !

Voilà qui est bien loin de l’unanimisme religieux que nous aimons voir fleurir dans nos célébrations. Mais ne faut-il pas commencer par prendre à pleines mains l’âpreté du monde pour obéir au commandement de Dieu, tel qu’il est proclamé dans Isaïe : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’oppresseur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve ! »

D.E.

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 10:40

La vocation d’Isaïe

Isaïe 6, 1-8 ; Matthieu 10, 24-33

Le récit que fait Isaïe des circonstances de sa vocation commence par une affirmation tout à fait surprenante sur laquelle il faut s’arrêter un instant : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé. »

Très rares sont les personnages bibliques qui peuvent se targuer d’avoir vu le Seigneur. Abraham a reçu trois hommes au chêne de Mambré, puis devant Sodome il s’est entretenu avec Dieu du sort de la ville. Mais Abraham était « l’ami » de Dieu. Jacob a combattu dans la nuit un inconnu qui ne lui a pas révélé son nom. Moïse parlait avec le Seigneur dans la nuée face à face, mais quand il a demandé à voir la gloire de Dieu, il n’a vu, dans l’anfractuosité du rocher, au Sinaï, que le « dos » de Dieu. « Nul ne peut voir ma face sans mourir » avait répondu Dieu. Elie à l’Horeb s’est enveloppé le visage dans son manteau, quand Dieu est passé dans « le bruit d’un fin silence ».

La vocation d’Isaïe commence par la révélation de la gloire de Dieu. Le futur prophète a conscience de l’incongruité de la chose : « Malheur à moi, je suis un homme perdu. »

On peut se demander pourquoi Isaïe est l’objet de cette inhabituelle révélation. La précision historique que contient le texte donne une piste. Le roi Ozias avait été, dans la lignée de David, l’un de ceux dont le règne n’avait pas tourné à la catastrophe spirituelle, cependant, en dépit de ses efforts, le peuple ne s’était pas détourné des idoles, et le livre des rois nous dit qu’Ozias avait, pour cela, été marqué de la lèpre, signe majeur d’impureté. Thème que l’on retrouve dans le récit d’Isaïe qui se définit devant Dieu comme un homme aux lèvres impures, vivant au milieu d’un peuple aux lèvres impures, ce qui indique la nature du mal : une parole pervertie, faussée.

Cette manifestation de la gloire de Dieu, qui inaugure la vocation du prophète n’est-elle pas un signe adressé à un peuple qui ne parvient pas à rompre avec l’idolâtrie, qui cherche dans des subterfuges vains des assurances qu’il ne peut trouver qu’en Dieu ? Le Seigneur montre à Isaïe qui il est, sans aucune commune mesure avec les secours que cherchent les hommes auprès des idoles et des faux dieux.

Dès lors, Isaïe est un homme sauvé. Il survit à cette révélation. Plus encore, il reconnaît sa faiblesse et pour cela peut expérimenter que la puissance de Dieu l’en délivre. Sa parole sera droite et pure désormais. Jusqu’alors, rien ne lui a été demandé, et lui-même n’a rien sollicité. Tout vient de Dieu, dans un geste de pur don. Alors Dieu peut poser cette question : « Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ? » C’est en toute liberté, mais en toute connaissance de cause, qu’Isaïe peut répondre : « Moi je serai ton messager : envoie-moi. » Cette puissance de Dieu, dont il a acquis une connaissance intime, dont il a éprouvé pour lui-même les effets, rien ne lui paraît plus important que d’en être le témoin.

Le risque et la joie

Cela ne va pas sans risque, puisque cela introduit dans le rapport au monde et aux hommes une différence dans l’exercice de la liberté. Le disciple sert son Seigneur et cela oriente ses choix, dans un monde qui certes est traversé de véritables aspirations mais qui les fixe sur des objets impropres, ou dont il fait un usage aliénant. C’est ici que la parole du disciple – qui n’est pas la sienne propre mais celle qu’il a reçue – dévoile ce qui est caché et peut déranger.

Jésus en portera toutes les conséquences, et il prévient ses disciples de ce qui les attend. Pour autant, pour lui comme pour les apôtres, le point d’appui, c’est la conscience de la puissance même de Dieu : « Pas un seul moineau ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte. » Cette puissance, cette bienveillance de Dieu ne dissout pas la confrontation, ne fait pas disparaître les difficultés de l’existence, ni celles qui naissent du fait même du témoignage rendu, mais elle permet de les traverser.

Nul d’entre nous, sans doute, n’a vu la gloire de Dieu, mais nous pouvons nous appuyer sur la confiance de ceux qui nous ont précédés et dont nous savons qu’ils ont traversé librement les épreuves en goûtant une véritable joie intérieure.

D.E.

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 08:40

Manifester la gratuité du salut

Osée 14, 2-10 ; Matthieu 10, 16-23

Qu’elle est belle, la finale du livre d’Osée. C’est une offre de retour et de rétablissement. Une invitation à la teshouva. Mais cette conversion n’est pas d’abord une affaire d’efforts à accomplir ni de bonnes résolutions. C’est d’abord la reconnaissance que Dieu est celui qui sauve, celui qui délivre des enfermements et du poids des fautes. C’est en lui qu’il faut se confier, se remettre humblement.

La réponse de Dieu à l’expression du désir profond de revenir à lui, pour recevoir de lui une vie que nous ne pouvons pas nous donner à nous-mêmes, cette réponse est remarquable. Dieu n’exige rien, mais donne à profusion. Sa manière de guérir l’homme de la blessure profonde de l’infidélité, c’est de l’aimer plus encore, en l’irriguant de sa vie. Cet amour ne se fane pas : « Je suis comme le cyprès toujours vert », et il est en l’homme source de fécondité : « C’est moi qui te donne ton fruit ».

Les images que déploie l’auteur du livre d’Osée sont d’une grande beauté, comme on en trouve dans la poésie orientale. Nous pouvons les lire comme une invitation à contempler, non seulement le texte lui-même, mais le monde dans lequel nous vivons, pour y découvrir l’œuvre de Dieu, qui fait grandir la vie.

Pourtant le monde n’est pas toujours riant. Nous y sommes, ainsi que les apôtres, « comme des brebis au milieu des loups ». Jésus en avertit les Douze, lorsqu’il les envoie en mission. Ils vont rencontrer la contradiction, la violence, la division. Les paroles de l’évangile de Matthieu sont à rapprocher du récit que Luc fait dans les Actes des apôtres. C’est bien ce qui arrive à Pierre, à Paul… Tout n’est pas irénique, loin s’en faut. Cependant, dans cette situation paradoxale – quel étrange salut ! – l’Esprit agit et soutient le progrès de l’annonce de la Bonne nouvelle. Et Luc ne manque pas de nous montrer les apôtres rendant gloire à Dieu de ce qu’il accomplissait…

L’appel de l’Évangile apporte donc un complément à la prophétie d’Osée. Si Dieu veut guérir l’homme de l’infidélité et lui rouvrir le chemin du bonheur, en commençant pas Israël, son peuple, il appelle des hommes et des femmes à porter cette nouvelle, en en payant le prix. Comme le Fils, le premier paie le prix en livrant sa vie, au risque d’être l’objet de la violence des hommes, ceux qu’ils appellent sont invités à manifester eux-aussi cette gratuité du salut, en offrant eux aussi leur vie à ceux et pour ceux à qui ils s’adressent.

Le témoignage des prophètes

Est-ce une nouveauté ? Pas vraiment. Nous avons vu, au fil des lectures des mois et des semaines précédentes, que les prophètes ont marché sur cette voie. Elie, Zacharie, Jérémie, Amos… Appelés par Dieu, ils ont mis leur vie dans la balance, authentifiant leur message par le fait qu’ils ne préservaient pas leur vie …

Dans le monde qui est le nôtre, il semble bien que le critère ultime de vérité soit encore celui-là. Ce ne sont ni les charmes de la communication, ni la beauté des démonstrations, ni la puissance de l’argent qui peuvent inspirer la confiance, même si tout cela ne manque pas d’effets de séduction. Ceux que l’on croit, ceux en qui l’on fait confiance, ce sont, en définitive ceux qui sont fidèles jusqu’au bout à la vie qui les anime. Ceux qui donnent leur vie pour les autres. Si nous croyons à la vérité de la parole que nous avons entendu, voilà à quoi nous sommes convoqués.

D.E.

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